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2007
Le salon du cheval d'Avignon

LE SPECTACLE DE LYON
« Symphonie équestre »

PHOTOS A VENIR

D’abord il y a les musiciens, avec leurs essais instrumentaux. Vous savez ces petits bouts de musique que l’on entend et qui leur permet d’accorder, qui son violon, qui sa guitare, qui son violoncelle. L’obscurité est (presque) totale. De l’endroit ou nous nous trouvons, nous voyons scintiller les pupitres des musiciens, et le chef d’orchestre qui baille à se décrocher la mâchoire. « C’est les nerfs » comme dirait Coluche. Ce chef d’orchestre la, c’est un cas, un extra terrestre. Il est habité cet homme là. Les lutins doivent lui grignoter l’intérieur de la tête.

Le champ lumineux qui habille la piste est hallucinatoire et j’aurais du me méfier : ce n’était pas innocent. Une espèce de tension artistique envahit progressivement l’atmosphère et elle devient palpable lorsque le chef d’orchestre tapote son pupitre pour attirer l’attention de l’orchestre symphonique de Lyon. Hé oui, ce n’est pas n’importe quel groupe de quartier. Il s’appelle Philippe FOURNIER.

J’aurais d’autant plus me méfier que la veille j’avais eu une discussion avec Alain BLANQUET, le créateur, l’instigateur de ce spectacle finalement concocté conjointement par lui-même, par le chef d’orchestre déjà nommé et par Sylvie ROBERT, la responsable du salon. Cette création à 6 mains est sans doute ce que j’ai vu de plus harmonieux et de plus vibratoire depuis longtemps. Pourtant les numéros sont connus, parfois archi-connus, et pourtant…

Le concept du spectacle est venu d’Alain, un jour, à partir de la trilogie suivante : la musique est essentielle aux films, peu de film sans chevaux donc pourquoi pas un spectacle cheval sur des musiques de film. La deuxième option fut de ne pas caricaturer ces musiques mais de les sublimer et de faire parler les sensations, les sentiments et « il était une fois dans l’ouest » ne se passe pas avec des cow-boys mais avec une danseuse et un cavalier.

Voila comment le mariage fut consommé entre un orchestre philharmonique et des artistes équestres, c'est-à-dire entre la musique et des images. Pari réussi. Les spectateurs ne s’y sont pas trompés, debout, ovationnant François PIGNON et ses chevaux d’amour ou encore Bruno BOISLIVEAU et son Don Quichotte exceptionnel. Spectacle fusionnel et frissons assurés. Personne n’a vu le temps passer, les tableaux se sont succédés sans anicroche, la féerie, la magie ont fonctionnées. A bien regarder, ceux qui font le spectacle aujourd’hui, ce sont les concepteurs et après les crinières d’Or et Equestria de Maurice et Fabien GALLE, les spectacles d’Albi de Dominique DUTRIEU, prend place le spectacle d’Equitalyon d’Alain BLANQUET.

C’est Jean François PIGNON qui ouvre le bal, avec une entrée spectaculaire de ses chevaux en liberté, à qui il parle, de loin, et le numéro s’effectue. Un lien invisible les lierait-il ? Musique et chant, cristallin à souhait. La douceur de Jean François Pignon est transcendée. Nous sommes dans un monde imaginaire ou l’humain parle cheval..

C’est la musique de Laurence d’Arabie qui nous annonce le numéro suivant. Frissons ! Tableau exotique, coloré et dressage d’un chameau (ou peut être d’un dromadaire ?) avec appuyés et changement de temps au galop. Incroyable.

C’est quoi cette musique qui à elle seule nous entraîne vers des sentiments exacerbés, des retrouvailles et des déchirures, des temps fusionnels et le vide absolu ? De toute façon Sylvain et sa danseuse laisse parler leurs corps, à demi nus, la danseuse énamourée et le cavalier insolite se tournent et se détournent, s’enlacent et se séparent, le mythe du prince charmant et de son cheval blanc, pur et magnifique ne sont pas morts.

Et puis la voix de Jacques BREL retentit dans cette pénombre complice. A s’y méprendre. Le grand Jacques et de retour. En réalité il s’appelle Bernard BRUEL et le mimétisme est flagrant. Pendant que l’on rêve d’un autre temps, sur la piste, de petits lutins, de noirs vêtus étendent une grande toile brune. La deuxième chanson nous transporte au temps de l’Espagne de Cervantès et cette voix qui chante Don Quichotte de la Mancha. C’est Bruno BOISLIVEAU qui nous fait une démonstration de « Garrocha » sur une mer d’huile ou dans des vagues capricieuses, déferlant au rythme de la musique. Connu ce numéro ?, Certe oui mais cette soirée a quelque chose d’irréel et d’unique. Même le ramassage de cette mer démontée, afin de laisser la place aux autres artistes, fait partie d’un ballet chorégraphié au millimètre près.

La présentation des chevaux de courses semble quelque peu anachronique, mais Gilles FORTIER et sa troupe nous entraîne bien vite dans un carrousel improbable, les torches formant une allée royale, les garoches s’emmêlent, s’étirent et virevoltent tandis que les chevaux s’évertuent à nous faire croire que le dressage c’est facile. Gilles FORTIER c’est le mythe du centaure revisité, personne mieux que lui nous démontre l’impossible étoile, la perfection aboutit, l’aisance superbe et irrémédiable. Il ne monte pas à cheval, il permet au cheval de se montrer beau et harmonieux. La musique du film Docteur Jivago ne fait qu’accentuer cette impression incroyable.

Jean François PIGNON revient nous prouver qu’il existe un méta langage, adapté aux chevaux, grâce auquel il appelle, renvoi, fait tourner, reculer, asseoir, coucher ses chevaux, du plus petit au plus grand. Son numéro est bien rodé, la magie est de ne pas voir les fils de la marionnette. Le public est debout, c’est une ovation. « Mais comment est-il possible de communiquer aussi bien avec vos chevaux ? Comment faire vous pour ne pas qu’ils bougent ? » Sa réponse est étonnante : « je me suis rapproché de DIEU. Beaucoup me croient fou, mais c’est la vérité. Tout est plus facile aujourd’hui ?

Et puis c’est le final, le bouquet final. Du feu, de la voltige en rond, en long, en large et en travers (du cheval pour passer dessous et en faire le tour). Sur les rythmes lancinants du film BEN HUR, les artistes se laissent aller et explosent l’audimat. Toutes ces acrobaties se terminent par l’arrivée d’un cavalier en feu. Le public est enthousiaste, les acteurs ont le sourire, les musiciens et leur étonnant chef d’orchestre sont radieux et sont également ovationnés. Quelle belle soirée.

Il va falloir être très fort pour faire mieux !

Gilbert DE KEYSER
Crédit photos : Fleur TENE


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