INTERVIEW LAURENCE BOUTEILLER

Racontez-nous votre rencontre avec le Cheval Paso Péruvien.
C’était en 1998, je sortais d’une formation de 2 ans à l’Ecole Nationale d’Èquitation de Saumur et de l’Esthua d’Angers et je cherchais un emploi de dresseur .
Un ami Maréchal Ferrant me parle d’une place d’entraîneur dans un élevage de Chevaux Paso, situé à 15 km du lieu d’habitation de mes parents et à une heure de ma ville natale ,Troyes, dans l’Aube.
Je prends rendez-vous et fais donc connaissance avec le cheval péruvien.
Clin d’œil du destin, 2 mois auparavant, j’avais suivi sur la 5ème chaine, un reportage sur ce cheval. Cette émission m’avait troublée, d’abord à cause de l’allure si particulière de ce cheval et sutout parce que j’avais vu le travail du « chalan »,dresseur péruvien, à base de flexion, sans mors mais avec un bozal au début du dressage. Hors ,ces mêmes flexions m’étaient alors enseignées à l’ENE par Philippe Karl.
Ma première impression n’a pas été très bonnes, je trouvais ces chevaux trop petits et avec une locomotion impossible ! Mais je décidais d’essayer et au bout de queques semaines je demandais à être envoyée au Pérou.
A mon retour j’ai pu faire une synthèse de l ‘équitation traditionnelle péruvienne et de l’équitation classique que je pratiquais. Les résultats ne se firent pas attendre, surtout durant les compétitions auxquels je participais avec succès en Allemagne et en Suisse.
Régulièrement je pars au Pérou et lors de mon dernier séjour un groupe d’éleveurs ma demandé de leur donner un stage.


Quelles sont les différentes caractéristiques qui le différencie d'un cheval de selle plus commun ?
La grande différence est bien sûr son allure exceptionnelle et complètemente naturelle : le Paso.
C’est un amble rompu à 4 temps qui assure au cavalier un confort inégalable.
De plus le cheval péruvien a hérité de ses ancêtres espagnols un brio et une arrogance qui ne peut laisser indifférent. Enfin pour son caractère, je dirai qu’il est d’une émotivité et d’une sensiblité qui en fait un cheval extrèmement attachant.


Le spectacle maintenant, quelles sont vos premières armes en matière de spectacles équestres ?

J’ai eu la chance très jeune de participer au spectacle son et lumière du Château de Saint fargeau, dans l’Yonne et ce, pendant quatre saisons estivales. C’est d’ailleurs à ce moment que je rencontre Gilles Fortier et son épouse ,Sylvie. Cela fait maintenant 20 ans !
Gilles et moi-même faisions partie de l ‘équipe des « casse -cou » à cheval et je crois sincèrement que c’est le spectacle de Saint Fargeau qui nous a donné nos premières émotions et donc influencé notre parcours équestre.
Je me souviens que nous avions commencé sur 2 trotteurs et que par la suite nous avions investi chacun dans un cheval plus spectaculaire.
Au bout de 4 années à Saint Fargeau, je rencontre Frédéric Sanabra et intègre son équipe. Avec lui, je travaille sous chapitau, dans des parc d’attraction en Hollande et en Belgique ,etc . Bref une expérience enrichissante.
Ensuite, après quelques stages de voltige auprès de Charles Henri Thézenas je décide de retourner à « l ‘école « de l’ Equitation, pour travailler la technique équestre avec un insructeur, tout en travaillant comme cavalier chez un marchand. J’enchaîne sur le monitorat, la pratique de l’enseignement, Saumur et c’est en 1998 que je participe aux spectacles équestres de Tarbes , « Equestria » et de Bézier avec des chevaux Paso Fino de l’élevage Criadero santa Maria dans lequel j’officie depuis près de 6 ans.


Ensuite on a pu vous voir plus récement à la feria de Nîmes, à Equitana en 2003 et également au salon du cheval d'Albi en 2002. C'est le début d'une carrière ?

Lorsque j’ai commencé à travailler pour Criadero Santa Maria, j’avais dans mon piquet de chevaux, un sujet assez déliquat, Zafiro. Plus j’avancais avec lui dans le travail, plus j’avais envie de le présenter en public.
Après l’avoir testé sur une petite fête du cheval, je décide de l’acheter et très vite nous participons à divers salons et manifestations. Outre, comme vous l’avez signaler, Equitana, Albi et Avignon nous nous sommes également produits au Salon de Montpellier, au Haras du Pin et en septembre dernier , Gilles nous a invité pour le spectacle de l’hippodrome de Craon a intégrer son équipe et nous nous sommes retrouvés ensemble sur la piste comme « au beau vieux temps ».

A noter que Zafiro et moi-même participerons, le 19 juin 2004, au spectacle du Game Fair de Chambord avec la troupe Caracole, Bruno Boiliveau, Arnaud Gillette et Steve Koffi.


Quels sont vos projets pour l'avenir ?
Pour le moment mes projets de spectacle sont uniquement liés à mon cheval Paso Péruvien, Zafiro. C’est avec lui que je veux travailler. Mais il ne me déplait pas d’intégrer une équipe déjà existante dès lors que l’on me propose une collaboration qui le mette en valeur.
Aussi je continue d’affiner son dressage et travaille à quelques idées pour le valoriser au maximum.

Enfin que pensez-vous du monde du spectacles équestres aujourd'hui et principalement en France ?
Je suis allée en 2003 présentée mon cheval lors du salon d’Equitana, et je peux vous dire que pour les soirées de gala, la majeure partie des artistes étaient des francais.
Il semble que les allemands reconnaissent la technique de nos artistes mais ce qui fait la différence c’est indéniablement la créativité « latine » , brillante et joyeuse qui marquait déjà l’Equitation de tradition francaise du 17ème siècle.
En résumé, je pense que tous les « Grands » actuels du spectacle équestre francais, possèdent non seulement une grande technique mais aussi une approche du cheval exceptionnelle avec le désir de travailler en osmose complète avec leurs partenaires équins.
Et cela, il est bon de le signaler à une époque ou l’on nous innonde de « chuchoteurs » , « chamanes » , méthodes diverses et compagnie……. !

Propos recueillis par T-Fortier

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