Comme annoncé
dans ces lignes il y a quelques temps, le spectacle d'Albi a tenu ses
promesses.
Scène théâtrale, des coulisses de rêve pour
les artistes, un public néophyte mais prenant du plaisir, Albi
par son originalité et son engagement marque d'un grand coup
de pierre son intention de devenir une scène nationale du spectacle
équestre.
Une affiche de luxe, donc, pour ce troisième "son et lumière"
- intitulé ainsi - Lucien Grüss,
en vedette, auquel 40 mn du spectacle lui furent consacrées,
mais aussi, les Ecuries de Chambord - Dorothée
Obry et Patrick Julien, Arnaud Gilette, Dany Aile
et Gilles Fortier. Ces derniers, acteurs de la première
partie ont su mettre le public en émoi présentant, pour
la plupart, de nouveaux numéros. Le spectacle commença
par un pas de 3 inattendu, regroupant Dorothée
Obry, Patrick Julien et Lucien Grüss, qui remontait à
cheval pour la première fois depuis sept ans. Un numéro,
sans grande originalité, mais technique et esthétique.
Une bonne entamme. Le second numéro laissa apparaître Dany
Aile, nouvelle recrue du spectacle et déjà présente
l'an dernier, avec un numéro poétique accompagné
d'une danseuse.
Patrick Julien et Dorothée Obry
nous ont régalé ensuite dans 3 numéros - 1 solo
chacun en haute-école et patrick Julien aux longues rênes
- où leur travail est un vrai bonheur à admirer. Technique,
élégance, une très bonne écurie ; un mélange
bien homogène sans fioriture. Un vrai moment de classicisme.
La suite est orchestrée par Gilles Fortier.
Adepte du mystique et de l'imaginaire, il s'offre cette fois-ci une
légère contreverse enrichissant un répertoire de
numéros des plus originaux et différents sur le marché.
4 artistes : Sylvain Albella, Virginie Fortier,
Constance Ménard et Gilles Fortier, maniant de main de
maître la garocha en feu. Un carroussel de "garochista"
au son mélancolique et joyeux dégageant une symbiose et
une forte émotion finale lors du piaffé du célèbre
Vanini au centre de la piste entouré des 3 centaures couchés.
Habituée des reprises de dressage classique, Constance
Ménard (photo) a peut-être choisi sa future carrière
! Un numéro en or.

Dany aile dans un second numéro
- comportant quelques longueurs - fut très appréciée
du public en présentant "Goliath" un percheron blanc
en liberté transportant le public dans le rêve et la poésie,
devise de la troupe Alliance.
Arrive ensuite Arnaud Gilette, le Marquis
le plus déjanté du monde équestre, avec son tout
nouveau numéro - Albi peut ainsi s'enorgueillir d'être
une piste de création - le réunissant une nouvelle fois
avec son cheval vedette, Felous. Un numéro aux rythmes quotidiens
de bruits équestres - sabots, hénissements, cravache,
brosses... - sur fond de rap. Un ensemble mixé "en direct"
par Arnaud Gilette se servant de Felous comme table de mixage ! Un numéro
comique, allant dans la continuité des 2 précédents
et laissant croire à la fabuleuse histoire du Marquis de Provence,
qui, une fois ivre et amoureux, le voilà disc-jockey. Ne pas
oublier la cabriole finale, et peut-être à l'année
prochaine pour une nouvelle épopée du célèbre
Marquis. Une très bonne première partie avant d'accueillir,
après un court entract, Monsieur Lucien
Grüss et ses chevaux artistes.
4 chevaux lusitaniens noirs Ortigão Costa, 4 blancs arabe-camarguais,
un cabrioleur et 3 poneys composèrent l'écurie de Mr Grüss.
Ce fut tout simplement un enchantement pour tout le public le saluant
à la fin par une grande ovation. Il commence par les 4 blancs,
puis arrivent les 4 splendides Ortigão, suivis du cabrioleur.
Il enchaîne ensuite avec 3 noirs, puis un, puis les 4 blancs pour
former une ronde de huit chevaux obéissantà la voix du
maître et éxécutant les figures les plus variées
et originales finissant par le cabré finale des huit chevaux
en même temps.
Changement de registre avec 3 poneys aux longues rênes accompagné
par Dorothée Obry et Patrick Julien.
Cabrés, cabrioles et couchés. Un vrai plaisir.
Enfin arrive le moment des rappels, un par un, chaque cheval salue à
sa manière, à un rythme effréné. Salut de
l'artiste et final de ce troisième rendez-vous albigeois où,
technique, scène et numéros ont formé un ensemble
de qualité. Cependant une meilleure mise en scène générale
ajouterait au spectacle une autre dimension, rendez-vous l'année
prochaine et encore bravo. De quoi faire taire les mauvaises langues...